Saint Bonaventure naquit à Civita di Bagnoreggio probablement dans l’année 1217. Son père s’appelait Giovanni Fidanza, et sa mère Ritella. Voyant son enfant gravement malade, elle en obtint la guérison à la suite d’un vœu fait à saint François d’Assise. Le fait, attesté par Bonaventure lui-même, eut une grande influence sur son orientation religieuse et intellectuelle.
Civita di Bagnoreggio
Il reçut les premiers rudiments d’éducation au convent local des Frères mineurs, fondé par saint François vers 1219-1222.
Bagnoreggio reconnaissant
Envoyé à la Faculté des Arts de Paris vers 1236, il prit l’habit franciscain au Couvent des Frères mineurs vers 1243 et étudia la théologie sous la direction d’Alexandre de Halès. Ce maître estimé dira de lui : « Il semble qu’en lui, Adam n’a pas péché ». En 1248, il commença son enseignement par un commentaire de l’Évangile de saint Luc.
En 1245, il reçoit l’ordination , très probablement à Paris,et célèbre sa première messe.
Après 1253, il compose ses quaestiones disputatae (commentaires du Livre des Sentences), et le Breviloquium », petite somme théologique.
A 40 ans, il est élu Ministre géneral de l’Ordre des Frères mineurs au Chapitre général de Rome au Couvent de l’Ara Coeli, le 2 février 1257. L’Ordre franciscain avait connu un développement prodigieux et vraisemblablement plus de 20 000 religieux. Il se trouvait en pleine crise de croissance. Le nouveau Ministre général, doté d’un esprit pondéré et ferme, fut l’homme providentiel. Ses 17 ans de gouvernement eurent des répercussions très profondes, heureuses et stables sur l’avenir de l’Ordre, dont c’est à bon droit qu’on le considéra comme le second fondateur.
Il est reçu comme docteur, à Paris, et il obtient le titre de maître, en même temps que saint Thomas d’Aquin.
Il se retire à l’Alverne pour un temps de repos, de prière, et de méditation. Il écrit alors ’itinéraire de l’âme vers Dieu et, peut-être, l’opuscule précieux Les trois voies, appelé aussi l’incendie d’amour.
Ermitage de Saint Bonaventure à l’Alverve
En mai 1263, il préside le Chapitre général des Frères mineurs à Narbonne où les frères s’en remettent à lui pour écrire la vie de saint François.
Saint Bonaventure réside habituellement à Paris, ville qui était alors comme le cerveau de la Chrétienté, mais souvent, il se retire dans différentes régions de France, d’Italie, d’Engleterre, d’Allemagne, et dans les Flandres. Il assiste à Assise à la translation du corps de sainte Claire de l’église de Saint-Damien à la nouvelle église de Saint-Georges, et à Padoue à la translation des restes de saint Antoine de la petite église franciscaine de Sainte-Marie à la nouvelle basilique.
Le 20 mai 1263, il préside le Chapitre des Frères mineurs à Pise, où il introduit de nouvelles liturgies en l’honneur de la Vierge et présente aux frères la Legenda Major.
La diffusion des doctrines avéroïstes l’incite à prononcer contre eux deux séries de conférences de carême à Paris : De decem praeceptis (Sur les dix préceptes) en 1267 et De septem donis Spiritus sancti (Sur les sept dons du Saint-esprit) en 1268. Presque toutes les thèses dénoncées par lui furent ensuite condamnées par l’Évêque de Paris.
Une nouvelle attaque contre les ordres mendiants fut menée en 1269, et saint Bonaventure fut un des premiers à la combattre avec son Apologia Pauperum (Apologie des pauvres) en 1270. « L’œuvre de la littérature franciscaine la plus parfaite » (Ephrem Longpré).
La Bible dite de saint Bonaventure
A Viterbe, on fit intervenir une commission de cardinaux pour procéder à l’élection du nouveau pape, selon la suggestion de Bonaventure.
Revenu en France, il préside le Chapitre des Frères mineurs à Lyon.
Voyant que, malgré l’intervention d’Étienne Tempier, évêque de Paris, et du saint-Siège, les doctrines avverroïstes continuent à se propager, Bonaventure décide à monter de nouveau en chaire. Du 9 avril au 28 mai 1273, il donne ses conférences in Hexaemeron (sur l’Hexameron) devant un auditoire nombreux composé de maîtres, bacheliers et étudiants, affrontant les plus graves problèmes de la philosophie et de la théologie, et proposant des solutions. Dans aucune autre œuvre, sa pensée ne trouve une expression plus plein et plus vigoureuse. Ces discours furent malheureusement interrompus par sa promotion au cardinalat. Grégoire X, qui avait besoin de lui pour préparer le prochain Concile œcuménique, le nomma Cardinal Evêque d’Albano, malgré lui. Durant un an, Bonaventure présida la Commission chargé de préparer le Concile qui faut ouvert le 7 mai 1274.
Saint Bonaventure au Concile de Lyon par Francisco de Zurbaran (Musée du Louvre)
Peu de temps après revinrent à Lyon, accompagnés des grecs, les quatre frères mineurs envoyés précédemment par le Pape auprès de l’Église grecque pour préparer l’union des églises. L’union se réalisa le 28 juin. Ce fut la dernière grande joie connue par Bonaventure, car, à cause de sa santé fragile, il mourut d’épuisement occasionné par tant de voyages et de fatigues au Couvent des Frères mineurs de Lyon la nuit entre le 14 et 15 juillet 1274, à l’âge d’environ 57 ans, assisté du Pape qui demanda à tous les prêtres du monde de célébrer une messe pour le repos de son âme.
funérailles de Saint Bonaventure par Francisco de Zurbaran (Musée du Louvre)
Après sa mort, le corps de saint Bonaventure fut transféré de l’ancienne petite chapelle des Frères mineurs presque en ruine, à leur nouvelle église, avec grande solennité. Les fidèles, rapidement, recoururent à son intercession, et en enregistra de nombreux miracles.
Sixte IV, au cours d’une cérémonie très solennelle à saint Pierre de Rome, décréta saint Bonaventure de Bagnoreggio et inscrit dans le catalogue des saints au titre des confesseurs, des pontifes et des docteurs vénérés par l’église. Bulle « Superna caelestis patria ».
Paroisse Saint-François de Bagnoreggio
- Traduction D. Joly
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